La Police

La Police
La Meilleur des police ne porte pas l'uniforme. Double, triple, souple, incolore ... Elle s'immisce en tout, se mêle de tout, se ressent partout.
La meilleur des police reste inégalable dans l'art de tous nous mettre à table, tous nous mettre en place, tous remis en cage ... Doux, sage, sans effusions ni rage ...


La meilleur des police c'est tout ce qu'on te prend, tout ce qu'on te laisse, tout ce qu'on tue en toi, tout ce qu'on te mâche, tout ce qu'on crache, tout ce que tu prends pour tenir debout dans ce putain d'orage !!! Elle te donne le goût de moisir à l'infini dans ce putain d'trou.


La meilleur des police c'est ton taf, ta télé, ton ordi, tes médocs, tes envies et tout ce que tu prends pour pleurer moins fort la nuit.
La meilleur des police c'est tes sourirs forcés, c'est la peur de faire un pas, puis deux, puis trois parceque enfant on t'a dit que t'étais qu'une merde et t'as fini par le croire !!!
La meilleur des police c'est tout ce qui te fait marcher droit, avec ton propre consentement, sans jamais que tu n'oses montrer les crocs, et ce, même quand ils te proposent de t'enculer ...


La meilleur des police c'est quand les pauvres savent rester à leurs place sans besoin d'les matraquer, de leur coudre la mâchoire ou d'les mettre au cachot.
La meilleur des police c'est ce qu'on apprend de mieux du berceau au tombeau ...




La meilleur des police c'est te contenter de ce qu'on te montre sans voir que tu te fais enculer.
Suffit de lire leurs fables pour comprendre à quel point la race des seigneurs est baisable






Silence, on tue ....

# Posté le jeudi 16 octobre 2008 13:33

Modifié le samedi 07 mars 2009 12:56

Et puis pourquoi pas ?!

Et puis pourquoi pas ?!


Comme chaque jour sa commence par une overdose de caféine, quelques clopes et des pensées sombres en cycle continuel. A quoi bon ?! Allons de l'avant c'est marrant, je garde en souvenir des tonnes et des tonnes de carences. Malaise en attente, 40 de fièvre et shooté aux calmants, je me crève seul mais j'suis content. Interdit bancaire depuis quelques temps, entre une compile et deux comptoirs j'entends l'vent siffler, j'veux qu'on s'parle et qu'on compare le temps qu'on perd ...

La rime ne soigne pas, les miennes ont des cernes, elles traînent à l'heure où les bars ferment, vident leurs bouteilles, pissent sur mon sommeil : Vieilles peaux mécaniques que presque plus rien n'égayent. J'leurs doit mes plus fiers débuts d'ulcères et des colliers de remords masquant mon calendrier lunaire. Des insomnies belles comme des fonds d'cratères si tu préfères ... A fleur de nerfs, elles rampent, aboient, cassent du verre au creux d'mon crâne dans un coin sans lumière. On prend l'coup et on tâche d'y prendre goûts. Elles sont cuites et recuites chaque nuit, elles fendent mes murs et courent seules dehors, vatrouillent sans but en attendant l'aurore. Leurs solitude passe inaperçu dans la ville qui dort, elles sont en vases clos, au paradis des corbeaux, là où les matricules poussent comme une seconde peau. Elles me brisent les os et me rappellent chaque jours qu'elles continuent de serrer les crocs ...

Prodigieux squ'on pond à la lumière des néons ... Plus les lampes m'encombrent et plus j'épouse l'ombre en quête de quelques mètres carrés où j'pourrai écrire en paix, quelques mètres carrés où j'pourrai me débarasser des mes erreurs passées, de mes aigreurs passées, de mes fautes ressassées et balancer mon sac, comme un cadavre qu'on balance au fond du lac ...


Le point serré en signe. Un coeur qui saigne au-delà de ces lignes, je sais où palper mes véritables origines ... Là où poussent mes racines.

# Posté le mardi 10 mars 2009 12:58

Modifié le vendredi 13 mars 2009 12:34

Drapeau Noir

Drapeau Noir
"Si je prends la parole, ce n'est pas pour me défendre des actes dont on m'accuse, car seule la société, qui par son organisation met les hommes en lutte continuelle les uns contre les autres, est responsable. En effet, ne voit-on pas aujourd'hui dans toutes les classes et dans toutes les fonctions des personnes qui désirent, je ne dirai pas la mort, parce que cela sonne mal à l'oreille, mais le malheur de leurs semblables, si cela peut leur procurer des avantages. Exemple : un patron ne fait-il pas des voeux pour voir un concurrent disparaître ; tous les commerçants en général ne voudraient-ils pas, et cela réciproquement, être seuls à jouir des avantages que peut rapporter ce genre d'occupations ? L'ouvrier sans emploi ne souhaite-t-il pas, pour obtenir du travail, que pour un motif quelconque celui qui est occupé soit rejeté de l'atelier ? Eh bien, dans une société où de pareils faits se produisent on n'a pas à être surpris des actes dans le genre de ceux qu'on me reproche, qui ne sont que la conséquence logique de la lutte pour l'existence que se font les hommes qui, pour vivre, sont obligés d'employer toute espèce de moyen. Et, puisque chacun est pour soi, celui qui est dans la nécessité n'en est-il pas réduit a penser :

Eh bien, puisqu'il en est ainsi, je n'ai pas à hésiter, lorsque j'ai faim, à employer les moyens qui sont à ma disposition, au risque de faire des victimes ! Les patrons, lorsqu'ils renvoient des ouvriers, s'inquiètent-ils s'ils vont mourir de faim ? Tous ceux qui ont du superflu s'occupent-ils s'il y a des gens qui manquent des choses nécessaire ?

Il y en a bien quelques-uns qui donnent des secours, mais ils sont impuissants à soulager tous ceux qui sont dans la nécessité et qui mourront prématurément par suite des privations de toutes sortes, ou volontairement par les suicides de tous genres pour mettre fin à une existence misérable et ne pas avoir à supporter les rigueurs de la faim, les hontes et les humiliations sans nombre, et sans espoir de les voir finir. Ainsi ils ont la famille Hayem et le femme Souhain qui a donné la mort à ses enfants pour ne pas les voir plus longtemps souffrir, et toutes les femmes qui, dans la crainte de ne pas pouvoir nourrir un enfant, n'hésitent pas à compromettre leur santé et leur vie en détruisant dans leur sein le fruit de leurs amours.

Et toutes ces choses se passent au milieu de l'abondance de toutes espèces de produits. On comprendrait que cela ait lieu dans un pays où les produits sont rares, où il y a la famine. Mais en France, où règne l'abondance, où les boucheries sont bondés de viande, les boulangeries de pains, où les vêtements, la chaussure sont entassés dans las magasins, où il y a des logements inoccupés ! Comment admettre que tout est bien dans la société, quand le contraire se voit d'une façon aussi claire ? Il y a bien des gens qui plaindront toutes ces victimes, mais qui vous diront qu'ils n'y peuvent rien. Que chacun se débrouille comme il peut ! Que peut-il faire celui qui manque du nécessaire en travaillant, s'il vient a chômer ? Il n'a qu'à se laisser mourir de faim. Alors on jettera quelques paroles de pitié sur son cadavre. C'est ce que j'ai voulu laissé à d'autres. J'ai préféré me faire contrebandier, faux monnayeur, voleur, meurtrier et assassin. J'aurai pu mendier : c'est dégradant et lâche et même puni par vos lois qui font un délit de la misère. Si tous les nécessiteux, au lieu d'attendre, prenaient où il y a et par n'importe quel moyen, les satisfaits comprendraient peut-être plus vite qu'il y a danger à vouloir consacrer l'état social actuel, où l'inquiétude est permanente et la vie menacée à chaque instant.

On finira sans doute plus vite par comprendre que les anarchistes ont raison lorsqu'ils disent que pour avoir la tranquillité morale et physique, il faut détruire les causes qui engendrent les crimes et les criminels : ce n'est pas en supprimant celui qui, plutôt que de mourir d'une mort lente par suite de privation qu'il a eues et aurait à supporter, sans espoir de les voir finir, préfère, s'il a un peu d'énergie, prendre violemment ce qui peut lui assurer le bien-être, même au risque de sa mort qui ne peut être qu'un terme à ses souffrances.

Voilà pourquoi j'ai commis les actes que l'on me reproche et qui ne sont que la conséquence logique de l'état barbare d'une société qui ne fait qu'augmenter le nombre de ses victimes par la rigueur de ses lois qui sévissent contre les effets sans jamais toucher aux causes ; on dit qu'il faut être cruel pour donner la mort à son semblable, mais ceux qui parlent ainsi ne voient pas qu'on ne s'y résout que pour l'éviter soi-même.

De même, vous, messieurs les jurés, qui, sans doute, allez me condamner à la peine de mort, parce que vous croirez que c'est une nécessité et que ma disparition sera une satisfaction pour vous qui avez horreur de voir couler le sang humain, mais qui, lorsque vous croirez qu'il sera utile de le verser pour assurer la sécurité de votre existence, n'hésiterez pas plus que moi à le faire, avec cette différence que vous le ferez sans courir aucun danger, tandis que, au contraire, moi j'agissais aux risque et péril de ma liberté et de ma vie.

Eh bien ! messieurs, il n'y a plus de criminels à juger, mais les causes du crime a détruire. en créant les articles du Code, les législateurs ont oublié qu'ils n'attaquaient pas les causes mais simplement les effets, et qu'alors ils ne détruisaient aucunement le crime ; en vérité, les causes existant, toujours les effets en découleront. Toujours il y aura des criminels, car aujourd'hui vous en détruisez un, demain il y en aura dix qui naîtront.

Que faut-il alors ? Détruire la misère, ce germe de crime, en assurant à chacun la satisfaction de tous les besoins ! Et combien cela est difficile à réaliser ! Il suffirait d'établir la société sur de nouvelles bases où tout serait en commun, et ou chacun, produisant selon ses aptitudes et ses forces, pourrait consommer selon ses besoins. Alors on ne verra plus des gens comme l'ermite de Notre-Dame-de-Grâce et autres mendier un métal dont ils deviennent les esclaves et les victimes ! On ne verra plus les femmes céder leurs appas, comme une vulgaire marchandise, en échange de ce même métal qui nous empêche bien souvent de reconnaître si l'affection est vraiment sincère. On ne verra plus des hommes comme Pranzini, Prado, Berland, Anastay et autres qui, toujours pour avoir de ce même métal, en arrivent à donner la mort ! Cela démontre clairement que la cause de tous les crimes est toujours la même et qu'il faut vraiment être insensé pour ne pas la voir.

Oui, je le répète : c'est la société qui fait les criminels, et vous jurés, au lieu de les frapper, vous devriez employer votre intelligence et vos forces à transformer le société. Du coup, vous supprimeriez tous les crimes ; et votre oeuvre, en s'attaquant aux causes, serait plus grande et plus féconde que n'est votre justice qui s'amoindrit à punir les effets.

Je ne suis qu'un ouvrier sans instruction ; mais parce que j'ai vécu l'existence des miséreux, je sens mieux qu'un riche bourgeois l'iniquité de vos lois répressives. Où prenez-vous le droit de tuer ou d'enfermer un homme qui, mis sur terre avec la nécessité de vivre, s'est vu dans la nécessité de prendre ce dont il manquait pour se nourrir ?

J'ai travaillé pour vivre et faire vivre les miens ; tant que ni moi ni les miens n'avons pas trop souffert, je suis resté ce que vous appelez honnête. Puis le travail a manqué, et avec le chômage est venue la faim. C'est alors que cette grande loi de la nature, cette voix impérieuse qui n'admet pas de réplique : l'instinct de la conservation, me poussa à commettre certains des crimes et délits que vous me reprochez et dont je reconnais être l'auteur.

Jugez-moi, messieurs les jures, mais si vous m'avez compris, en me jugeant jugez tous les malheureux dont la misère, alliée à la fierté naturelle, a fait des criminels, et dont la richesse, dont l'aisance même aurait fait des honnêtes gens !

Une société intelligente en aurait fait des gens comme tout le monde ! "



François Claudius Koënigstein dit Ravachol.

# Posté le mercredi 08 avril 2009 07:49